Quantcast
Jeudi 30 août 2012 4 30 /08 /Août /2012 14:45

Après la (relative) pause estivale, les bonnes raisons de se ruer dans les salles ne manquent pas. Au programme : des pépites françaises, des films U.S stimulants et quelques révélations venues d’ailleurs. Zoom sur l’excellent automne 2012.

 

 

 

 

 

La famille dans tous ses états

Question (peu frivole) de rentrée : la crise économique et sociale serait-elle également morale et intime ? Une chose est sûre : les familles dysfonctionnelles, voire démentes, sévissent partout sur les écrans. En Angleterre dans Broken (sortie le 22 août), le beau premier film de Rufus Norris qui, autour de Tim Roth, examine quelques familles ravagées par leurs névroses. En Belgique, où Joachim Lafosse, dans À perdre la raison (22 août), s’attaque à un fait divers sordide et observe un couple (Emilie Dequenne et Tahar Rahim) manipulé par un effrayant père adoptif (Niels Arestrup). Aux États-Unis, enfin, où Todd Solondz, dans Dark horse (29 août) fait de la chair à pâté de la famille américaine et de ses rituels. Un film en signe de renaissance artistique pour le cinéaste, plus calme sur la forme, mais certainement pas sur le fond. Dans le même genre (le genre mal élevé), à noter aussi le brûlot God Bless America, de Bob Goldthwait (17 octobre) qui exécute les hypocrisies de la famille U.S contemporaine avec une rare sauvagerie.

a perdre la raison les films du losange

À perdre la raison, ©Les films du Losange

 

La France au top

La famille - ses crispations et ses (mauvaises) humeurs - est également dans la ligne de mire de plusieurs films français. Dans Cherchez Hortense (5 septembre), la nouvelle comédie de Pascal Bonitzer, l’impérial Jean-Pierre Bacri et la séduisante Kristin Scott Thomas dynamitent leur couple et luttent contre leurs contradictions bobos. AvecDans la maison (10 octobre), François Ozon, en pleine forme, suit à la trace Fabrice Luchini et la même Kristin Scott Thomas, un couple plongé dans une étrange histoire de fantasme et de manipulation. La famille encore et toujours dans deux autres films majeurs concoctés dans l’Hexagone. D’abord l’épatant Camille redouble (12 septembre), ou Noémie Lvovsky, des deux côtés de la caméra, effectue un vertigineux voyage temporel au pays de son adolescence. Ensuite le bouleversant Quelques heures de printemps (19 septembre), de Stéphane Brizé, autour des relations entre une mère condamnée par la maladie (Hélène Vincent) et son fils qui sort de taule (Vincent Lindon). Toujours en France, mais dans un registre plus guilleret, il convient de réserver sa place pour Les saveurs du palais (19 septembre) où Christian Vincent retrace avec élégance le destin élyséen de la cuisinière d’un certain François Mitterrand (avec Catherine Frot et Jean d’Ormesson). Un bon film tricolore de plus sur une liste pléthorique où il faut également ajouter un premier long documenté sur les femmes enceintes en prison (Ombline, de Stéphane Cazes, 12 septembre), la tentative de Patrice Leconte du côté du cinéma d’animation (Le magasin des suicides, 26 septembre), les beaux débuts de cinéaste de l’acteur Louis-Do de Lencquesaing (Au galop, 17 octobre) et le nouveau bébé du vétéran Alain Resnais (Vous n’avez encore rien vu, 26 septembre), un film qui divise la rédaction d’Evene depuis sa présentation en mai dernier au festival de Cannes.

 

palais_wild_bunch_distrib.jpg

Les saveurs du palais, ©Wild Bunch Distribution

 

Star system

Où sont les stars ? Pas de panique : elles sont rentrées de vacances avec le teint hâlé et reprennent le chemin du boulot en sifflotant. Charlotte Gainsbourg et Pete Doherty revisitent Alfred de Musset dansConfession d’un enfant du siècle, de Sylvie Verheyde (29 août). Brad Pitt, l’œil mauvais, incarne un tueur obsessionnel dans Cogan, la mort en douce de Andrew Dominik (17 octobre). Jessica Chastain dévoile subrepticement ses seins dans le très mâle Des hommes sans loi, de John Hillcoat (12 septembre) où Guy Pearce, Tom Hardy et Shia LaBeouf tirent sur tout ce qui bouge. L’éternel revenant John Travolta batifole dans Savagesd’Oliver Stone (26 septembre) annoncée comme une comédie sanglante sur les narcotrafiquants. Adam Sandler, comique incontestable, tente de nous amuser dansCrazy Dad, où il incarne un père immature (29 août) et son compère Ben Stiller le concurrence dans Voisins du troisième type (12 septembre). Sean Penn et Ryan Gosling, eux, rivalisent de rictus nerveux dans The Gangster Squad (10 octobre), le film noir de Ruben Fleischer. Autre star au programme : un metteur en scène, Tim Burton, qui dansFrankenweenie (31 octobre) célèbre son grand retour dans le cinéma d’animation.  Enfin, dans le genre people par accident, deux films examinent le cauchemar de la célébrité qui, du jour au lendemain, rend fou des types normaux : Superstar, de Xavier Giannoli, avec Kad Merad et Cécile de France (29 août) et Reality, de Matteo Garrone, grand prix du jury au dernier festival de Cannes (3 octobre)

 

coganmetrpopolitan.jpg

Cogan, la mort en douce, ©Metropolitan Films

 

Blockbusters de partout

Que les amateurs de pop corn se réjouissent : les « gros » films déboulent eux aussi en masse. Côté distractions franchouillardes, Gérard Depardieu et Edouard Baer se tordent de rire dansAstérix et Obélix : au service de sa majesté, de Laurent Tirard (17 octobre). De l’autre côté du terrain, Gad Elmaleh, Franck Dubosc et José Garcia s’attaquent aux choses sacrées du foot dans Les Seigneurs, d’Olivier Dahan (26 septembre). Côté américain et remix,Demi Moore pastiche Sophie Marceaudans LOL USA, de Lisa Azuelos (12 septembre), alors que Jeremy Renner endosse le costume de Matt Damon dans Jason Bourne : l’héritage, de Tony Gilroy (19 septembre). Enfin, last but non the least, l’éclectique Sam Mendes tente de ressusciter Daniel Craig dansSkyfall (26 octobre)

  asterix_jean_marie_leroy.jpg

Asterix et Obelix, ©Jean-Marie Leroy

 

 

Cannes, c’est maintenant

Camille redoubleRealityVous n’avez encore rien vuCogan, la mort en douce,Des hommes sans loi… Ces films préalablement cités, les professionnels accrédités ont déjà eu le privilège de les aimer (ou non) lors du dernier Festival de Cannes. En cette généreuse rentrée, tout le monde pourra admirer (ou non) d’autres titres sélectionnés en mai dernier sur la Croisette. En tête de liste, la palme d’or 2012 : Amour, de Michael Haneke, avec Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, qui sort en salles le 24 octobre. Plus discrets, mais non moins intéressants, d’autres films ayant fait les riches heures des sections parallèles tentent également leur chance à la rentrée. Ainsi le nouveau Michel Gondry (The We and the I, 12 septembre) et deux révélations : Despues de Lucia, du Mexicain Michel Franco (3 octobre) et Une famille respectable de l’Iranien Massoud Bakhshi (31 octobre). Deux bonnes raisons supplémentaires de perdre son bronzage en fréquentant les salles obscures.

amour_losange.jpg

Amour, ©Les films du Losange

Par Erica OLIVO
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Rechercher

Experimental

About me

RSS

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés